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La longue marche du vivant vers la conscience

4 avril 2014

Quelque part dans l’un des bras de la galaxie spirale appelée « Voie lactée », une nouvelle étoile se forme, voilà 4,6 milliards d’années. Son nom : « SOLEIL ». Le nuage de poussières qui entoure le SOLEIL donne naissance à ses huit planètes satellites.
La troisième de ces planètes, la TERRE, (ni trop près ni trop loin du Soleil) entame, voilà 4.56 milliards d’années, une riche carrière.
Moins d’1 milliard d’années plus tard, la VIE y est présente (bactéries et algues bleues) et s’y diversifie à rythme soutenu.
Les premiers organismes PLURICELLULAIRES font leur apparition il y a environ 1,5 milliards d’années.
Les premiers VERTÉBRÉS apparaissent au Cambrien, voilà 530 millions d’années.
Les premiers MAMMIFERES apparaissent au Trias, il y a 220 millions d’années.
Quant aux premiers PRIMATES, ils entrent en scène au Paléocène, voilà 65 millions d’années.

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Le genre Homo est apparu en Afrique, il y a 2 à 3 millions d’années.
Voilà environ 1,8 million d’années, Homo ergaster (ou erectus ?) s’aventure hors d’Afrique.
En Afrique (Maroc), les plus anciens fossiles d’Homo sapiens sont estimés à - 300 000 ans. (Publication juin 2017)
La première migration d’Homo sapiens hors d’Afrique semble dater de - 100 000 ans environ.
Neandertal apparaît, lui aussi, voilà environ 300 000 ans, quelque part en Europe ou au Proche Orient. Il disparaît il y a 30 000 ans, probablement sans avoir connu l’Afrique.
2 ou 3 millions de Sapiens restent seuls représentants du genre Homo à la surface du globe.

Paléolithique ancien ou inférieur vers - 3 millions d’années / vers - 300 000 ans

A - 2,5 millions d’années, « Homo » habilis casse des cailloux pour obtenir un bord tranchant et débiter les carcasses d’animaux (surtout charognage).

En sortant d’Afrique vers - 2 millions d’années, Homo ergaster (ou erectus ?) exporte son expertise dans la confection de haches et couteaux,…

Vers - 600 000 ans, complexification des abris construits. Vers - 400 000 ans, début de maîtrise du feu.

Paléolithique moyen vers - 300 000 ans / vers - 30 000 ans

Neandertal et bientôt Sapiens travaillent de mieux en mieux la pierre, le bois, l’os, la corne.

Ce sont de redoutables chasseurs. Ils maîtrisent le langage > cohésion du groupe, socialisation. Chez l’un et l’autre, premières sépultures vers - 100 000 ans : tombes de sapiens archaïque à Qafzeh et Skhul (Israël) ; tombes néandertaliennes à Shanidar (Kurdistan irakien)

Ils inventent l’art (gratuit ? ou rituel ?) : bijoux, instruments de musique, statuettes, peintures (grotte Chauvet datée de 33 000 ans).


Paléolithique récent ou supérieur vers - 30 000 ans / vers - 12 000 ans

Homo sapiens est bientôt seul représentant du genre. Il coud avec des aiguilles, chasse avec des armes de plus en plus sophistiquées (propulseur), développe l’art rupestre (Lascaux, datée de 17 000 ans).

Dernier retrait glaciaire.

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Néolithique vers - 12 000 ans / vers - 5 000 ans

La révolution néolithique s’étend du Moyen-Orient vers l’Europe et l’Asie du sud-est.

Nouvelles armes (arc) et nouveaux modes de chasse. Habitats sous abri rocheux ou en plein air.

Développement des préoccupations esthétiques : céramique, sculptures, art rupestre. Sépultures plus ou moins ritualisées.

Culture de céréales et légumineuses, et sédentarisation progressive. Domestication des animaux => élevage (lait, puis viande, toison…)..

Diffusion des nouveaux savoir-faire entre groupes de « nouveaux agriculteurs » et populations de chasseurs-cueilleurs.

Croissance démographique favorisée par de meilleures conditions de vie. Hiérarchisation de la société. Homo sapiens qui, jusque là « subissait » la nature et ses caprices, commence à se l’approprier. Et à se sentir différent des autres animaux qui la peuplent. S’affirme sa propension à vouloir tout comprendre, tout expliquer,… tout maîtriser.

Apparition de l’art mégalithique, alliant probablement rites funéraires, interrogations d’ordre cosmique, et relation à l’au-delà. Non content de sa « conscience d’être » (partagée avec d’autres animaux), Homo sapiens manifeste, à l’évidence, une aptitude à s’interroger sur lui-même, ce qui constitue une nouveauté dans le concert du monde vivant. La métallurgie apparaît. Et aussi l’écriture.

A la question « Que sommes-nous ? », il apporte une première réponse, déterminée :

« La terre lui a été donnée, il s’en empare !!!… »

Fin de la préhistoire. Les premières grandes civilisations se structurent.

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Apparition des cités-états dont l’unification donne naissance aux empires.
Nombreuses traces de l’émergence des questionnements « existentiels ».

Où sommes-nous ?

Observation du ciel, des étoiles, de la trajectoire du soleil et des phases de la lune > mesure du temps et succession des saisons > premiers calendriers planification des activités agricoles et liturgiques … et numération

D’où venons-nous ?

Peu à peu, à la notion « d’esprits » l’homme substitue les dieux, à l’origine de toutes choses. Malgré leur nature divine, l‘organisation et le comportement des dieux ressemblent beaucoup à ceux des humains. De Sumer à Rome, les panthéons des grands empires sont souvent anthropomorphiques, enrichis parfois, comme dans l’Égypte pharaonique, d’un attachant bestiaire.

Où allons-nous ?

Les rites funéraires traduisent la représentation de « l’au-delà ».

SUMER

Entre Tigre et Euphrate

Vers - 3300 : premières « cités-états » Vers - 2350 : fondation de l’empire d’Akkad (Sargon) Pour les Sumériens, le Monde comprend le Ciel et la Terre, séparés par le dieu Enlil. La Terre, un disque plat, repose sur les eaux souterraines, domaine du dieu Enki. Partie inférieure du Monde : les Enfers. La théologie astrale considère les planètes comme des dieux. Elle naît avec les observations du ciel par les astrologues sumériens. Les dieux ont créé l'être humain pour qu’il les serve et remplisse ses devoirs envers eux. En se multipliant, les hommes exaspèrent les dieux par leur vacarme. Ceux-ci décident alors de les anéantir en déclenchant un déluge. En intégrant l’empire, chaque cité enrichit le panthéon commun de ses divinités : 560 divinités sont répertoriées sur une tablette datant de - 2600.
Les temples sont les résidences des dieux. Les Enfers sont un monde sinistre, La mort est une misérable fatalité. Nécropoles à l'extérieur des murailles des villes. Matériel funéraire : céramiques servant au repas accompagnant les funérailles, et contenant les victuailles à offrir aux dieux infernaux pour un meilleur sort dans l'Au-delà. Apparition des notions de faute, de culpabilité, d’expiation, de pardon. L’homme est responsable de ses malheurs, envoyés par les dieux pour le sanctionner.

L’ÉGYPTE

« Don du Nil »

L’histoire de l’Égypte des Pharaons se déroule, le long de la vallée du Nil, de - 3100 à - 30. Pour les Egyptiens, océan primordial, le Noun. A Héliopolis, Atoum, issu de Noun, crée l’univers. Il est Khépri le soleil levant, Râ (ou Rê.) le soleil à son zénith, Atoum le soleil couchant. Il engendre Shou, l’air, et Tefnou, l’humidité qui, à leur tour, engendrent Geb, la terre, et Nout, le ciel. Nout donne naissance à Osiris, Isis, Seth et Nephtys. A Memphis, Noun donne naissance à Ptah, qui donne vie à sa création, et aux autres divinités. A Thèbes, issu de Noun, Amon se transforme en oie afin de pondre l’œuf de la création, puis en serpent pour le féconder. Les cinq principaux dieux de l’Égypte antique sont Râ, Osiris, Isis, Ptah et Amon, qui devient la divinité créatrice Amon-Râ sous le Nouvel Empire, Le clergé agit au nom du pharaon. Le public n’a pas accès aux temples. Vers - 1353 à - 1337: Amenhotep IV, Akhenaton Il instaure le culte du dieu unique, Aton, le disque solaire, mais il conserve la nature divine du roi. Capitale à Akhetaton (Tell-el-Amarna). A la mort du pharaon, Amon reprend ses droits. Cartes du ciel à chaque heure de la nuit. Étoiles regroupées au sein de constellations. Importance de la notion de cycle : le soleil renaissant chaque matin, la crue annuelle du Nil, et, bien sûr, le cycle de la vie , les naissances succédant aux morts. Pour devenir un « mort bienheureux », le défunt doit être jugé digne : sous le contrôle d’Anubis, son cœur est mis en balance avec une « plume de vérité ».


L’INDUS

Le long du fleuve Indus et de ses affluents

Vers - 2600 : quelques sites préharappéens se développent en cités. Une culture unifiée apparaît sur des sites distants de plus de mille kilomètres. La civilisation de l'Indus est la première à avoir développé une planification urbaine. Les villes les plus peuplées comptent jusqu'à 30 000 habitants. À son apogée, la population aurait dépassé cinq millions de personnes. (Plus de mille sites ont été mis à jour.) Autour de - 1800, la plupart des cités sont abandonnées. Civilisation très mal connue. Écriture non déchiffrée. Statuettes assimilées à des déesses-mères, amulettes. Possibles prémices de la future religion hindoue : probable vénération d’un Grand Dieu et d’une Grande Mère qui annoncent peut-être les divinités hindoues Shiva et Parvati. Le taureau semble l’objet d’un culte.

Du multiple à l’unique

XIVe siècle avant notre ère : expérience avortée d’Akhenaton en Égypte.

Sept siècles plus tard, en Perse, Zoroastre (Zarathoustra) proclame Ahura Mazda, le Seigneur Sage, le Sauveur unique, une forme de monothéisme, dérivé de la religion traditionnelle réservée aux seules élites sacerdotales,… et il s’attire les foudres du clergé.

Encore un ou deux siècles, et ce sont les sagesses orientales qui se développent : dans le nord de l’Inde avec Siddhârta Gautama Sakyamuni, le Bouddha ; en Chine avec Maître Kong, Confucius.

Entre temps, le peuple hébreu a entamé son long chemin vers Yahvé. Abraham, l’exode et la loi divine inscrite dans les tables données par Yahvé à Moïse sont les fondements du judaïsme. - 587 : Destruction du temple de Jérusalem par Nabuchodonosor. Déportation à Babylone. Les débats communautaires et la probable rencontre de zoroastriens, au cours des cinquante années d’exil, conduisent à la formalisation d’une religion monothéiste pure. - 539 : Prise de Babylone par les Perses de Cyrus II. Retour des Juifs à Jérusalem. Construction du nouveau temple. - 63 : Prise de Jérusalem par Pompée.

- 6 : Naissance de Jésus. 30 : Crucifixion de Jésus de Nazareth à Jérusalem.

570 / 632 : Vie de Mahomet.

La science progresse…

Au VIe siècle avant notre ère, Pythagore imagine que la Terre est sphérique.

Deux siècles plus tard, Platon et Aristote se rangent à cette représentation. Hipparque (IIe siècle avant notre ère), puis Ptolémée (IIe siècle de notre ère), élaborent une théorie géocentrique du monde, alors que, déjà, Aristarque de Samos (IIIe siècle avant notre ère) avait développé une théorie héliocentrique.

L'astronomie maya décrit, sans aucun instrument, les phases et éclipses de Vénus !

En Inde, le Rig-Véda mentionne 27 constellations et décrit 13 divisions zodiacales. Vers 500, l'astronomie indienne crée un modèle mathématique : la Terre tourne sur son axe et le mouvement des planètes est considéré par rapport au Soleil.

L'astronomie arabe culmine vers le Xe siècle (grand observatoire près de Téhéran).

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L’Occident est à la traîne !

L’univers géocentrique de Ptolémée devient la référence…

Copernic : modèle héliocentrique du système solaire (publié en 1543, année de sa mort).

Kepler : mouvement ellipsoïdal des planètes autour du Soleil (1609 et 1618), en s’appuyant sur les observations de Tycho Brahe.

Galilée : condamné en 1633 (dialogue sur les deux grands systèmes du monde),

Isaac Newton : loi universelle de la gravitation (1684).

Le passage du modèle géocentrique au modèle héliocentrique crée de profondes tensions avec l’Eglise.

1859 : Charles Darwin, et l’évolution des espèces
1865 : Gregor Mendel, et les lois de l’hérédité
1953 : Watson et Crick, et la structure de l’ADN
1915 : Albert Einstein, et la relativité générale
1927 : Georges Lemaître, et le « big bang »
1929 : Edwin Hubble, et l’expansion de l’univers
1965 : Penzias et Wilson, et le fond diffus cosmologique
2012 : Higgs et Englert, et le boson de Higgs

Que répond aujourd’hui la science aux questionnements d’Homo sapiens ?

Où sommes-nous ?

Dans la Voie lactée, une des 100 milliards de galaxies que compte l’Univers, sur la planète Terre qui gravite autour du Soleil, une des 2 ou 300 milliards d’étoiles que compte la Voie lactée. Puisqu’il est en expansion, notre Univers n’est peut-être pas infini… Mais alors,… Y a-t-il d’autres univers ? Place à l’imagination fertile des chercheurs infatigables…

D’où venons-nous ?

Selon le modèle cosmologique de l’Univers primordial, le « big bang » inaugure, voilà 13,8 milliards d’années, la mise en place de notre espace-temps…Mais alors,… Qu’y a-t-il hors de « notre » espace-temps ?

Où va l’espèce humaine ?

Comme toutes les espèces, elle est vouée à disparaître… dans quelques centaines de milliers d’années … Ou avant, peut-être ?

Et la Terre ?

Dans 100 millions d’années,.. ou avant, peut-être,… la Terre… planète torride, inhabitée !… En attendant la suite ?

A titre individuel, où allons-nous ?

Renvoyé à lui-même, l’homme cultive irrésistiblement le secret espoir de continuer d’être, dans un « au-delà »… Oui, mais,… C’est où, l’au-delà ? … Hors de l’espace-temps ???
A chacun sa libre réponse, dans le respect de celle de l’autre !

A travers chacun de ses membres, l’humanité écrit une histoire dont, peu ou prou, elle garde la mémoire, et dont elle nourrit les épisodes suivants. Ainsi pérennise-t-elle l’œuvre, unique, de chacun de ses membres, … du plus sage au plus fou !

Et finalement, que sommes-nous ?

Mémorisation + idéation + langage + créativité = capacité d'intégration, d’analyse, aptitude à élaborer et partager des projets

Aptitude à l’introspection que traduit la question : Qu’est-ce que « JE »?

Intelligence et conscience qui me font, à la fois, sujet et objet de ma quête !!! Unique parmi les 100 milliards d’Homo sapiens passés et présents

« Libre d’être soi, pas d’être un autre » Saint-Exupéry

Au XXIe siècle, la question demeure, quel que soit le nom dont on l’habille : ego, âme, âtman, essence,… ou illusion !

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